Le ministère de veut faire des économies, mais aussi modifier radicalement l’organisation de l’école. C’est une politique de régression en lien avec la RGPP (révision générale des politiques publiques) qui se met en place. Derrière tout cela, il y a en fait la volonté d’affaiblir le service public d’éducation pour favoriser les structures privées ! Petite explication…
COMMENT FAIRE DES ECONOMIES ?
⇒ En supprimant des postes !
13500 postes supprimés en 2009, et des suppressions du même ordre prévues en 2010, 2011, 2012.
Conséquences :
* Enfants de 2 ans non scolarisés dans l’enseignement public et liste d’attente pour les 3 ans !
(crèches surchargées, puisque les 3 ans y restent faute de place à l’école).
14 000 enfants attendent une place à l’école alors que dans le même temps, le gouvernement annonce la création de 8000 places dans les jardins d’éveils payants qui vont remplacer les petites sections de maternelle (économie sur les postes d’enseignants de maternelle !)
* De plus en plus de classes surchargées (jusqu’à 30 élèves dans le primaire). Suivi individuel des enfants rendu impossible.
* Dans le secondaire, des classes à 35 élèves et parfois davantage, disparitions de formations et d’options, et fin de nombreux dispositifs pédagogiques. Diminution importante du nombre d’adultes pour l’encadrement en dehors des cours (nombreux surveillants non remplacés) ce qui n’est pas sans conséquence sur la montée de la violence (impossibilité de surveiller tout ce qui se passe dans les couloirs, les toilettes et la cour).
* Mise en place précipitée du bac pro en 3 ans au lieu de 4 ans dans les lycées d’enseignements professionnels (LEP). (Craintes sur l’avenir du B.E.P)
*Réforme des IUFM (instituts de formation des maîtres), Mastérisation qui permet la suppression de l’année de stage et l’économie de 10000 à 12 000 postes.
COMMENT FAIRE DES ECONOMIES ET MODIFIER L’ORGANISATION DE L’ECOLE AFIN D’ORGANISER UNE CONCURRENCE AVEC LE PRIVE ?
⇒ En redéfinissant les missions des enseignants. (cf Commission Pochard)
Le soi-disant recentrage des programmes nationaux amène à une perte des apprentissages fondamentaux : quasiment plus d’histoire, de géographie, de sciences naturelles et physique …
La part belle est faite à l’E. P. S, aux Arts plastiques…pris en charge par des intervenants.
Pourquoi faut-il redéfinir et alléger les horaires et les programmes nationaux ?
De façon à ce que les enseignants puissent au cours de la journée d’école passer le relais à d’autres adultes et pouvoir le cas échéant quitter un établissement pour un autre, car selon N. Sarkozy, dans sa Lettre aux éducateurs :
« Nous sommes tous des éducateurs, et dans l’Education nationale comme dans la fonction publique le carcan des statuts doit sauter. » Le rôle des enseignants ne serait plus uniquement d’enseigner. Ils deviendraient des coordonnateurs locaux d’intervenants. Ils auraient ainsi une plus grande mobilité. C’est la fin de « un maître, une classe ».
À qui seraient confiés les élèves lorsque les enseignants se déplaceraient sur plusieurs écoles ? À l’étape actuelle, à des intervenants qualifiés ou pas !
L’allègement des nouveaux programmes prépare le transfert aux collectivités locales des enseignements qui ne pourront plus être assurés par l’école faute de temps…
Le personnel de l’éducation nationale verrait son statut de fonctionnaire d’Etat changer ( qu’aurait-il à y gagner ?)
⇒En annualisant le temps de travail des enseignants.
Modifier les obligations de service des enseignants par l’annualisation, c’est amener à la suppression d’heures d’enseignement pour les élèves. La classe le samedi matin a été supprimée. On nous fait croire que les heures du samedi matin sont récupérées en aide personnalisée, mais en fait, ces heures d’aide personnalisée (soutien) viennent en remplacement des personnels R.A.S.E.D (réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficultés).
On transfère sur chaque maître la responsabilité de mettre en œuvre les aides pour les enfants en difficulté et d’en assurer la coordination. On supprime des relais essentiels (psychologue, maître G, maître E). La mise en place des stages de remise à niveau pendant les vacances est aussi de la poudre aux yeux ! L’aide aux élèves en difficulté existe depuis 20 ans. Elle a donné des résultats et fait ses preuves. Elle est assurée par des enseignants spécialisés, mais les élèves de CE2, CM1 et CM2 en sont exclus (pas assez de personnels). Ce sont les personnels du R.A.S.E.D qu’il faut renforcer !
Au lieu de cela, 864 heures d’enseignement sont supprimées pour tous les élèves et seulement quelques heures de soutien rendues à certains !
Tout cela se met en place sous la tutelle du conseil d’école, de l’I .E .N, et en relation avec les collectivités locales dans le cadre de l’accompagnement éducatif.
Ex : Dans le Maine et Loire tous les élèves seraient ainsi libérés dès 15h30 l’après-midi pour faire place au soutien. Qui va s’occuper des enfants dont les parents travaillent après 15h30 ? Les collectivités locales ? Les entreprises privées ? Qui paiera ?
⇒ Par la mise en place des EPEP (établissements publics d’enseignement primaire)
C’est le démantèlement de l’école publique, communale, républicaine et égalitaire qui se prépare. Les écoles seraient regroupées en réseaux (nombreuses fermetures de classes et d’écoles). Elles deviendraient un vrai établissement, avec à la tête un administrateur et non plus un directeur. Les élus seraient majoritaires au conseil d’administration.
Les EPEP vont donner la gestion financière de l’école et l’élaboration du contenu pédagogique aux élus ! N’est-ce pas la fin d’un enseignement national et égalitaire pour tous ? N’est-ce pas la mise en danger de la laïcité au sens large ? ( indépendance de l’école vis-à-vis des pouvoirs politiques locaux). Les enseignants et les intervenants (précaires ou non) seraient recrutés par les municipalités pour intervenir dans la « journée d’école ».
Cf commission pochard : « une nouvelle définition du service des enseignants du premier degré est de fait en train de se mettre en place. Elle gagnerait à s’appuyer sur un établissement à statut juridique à inventer, piloté par un personnel d’encadrement et épaulé par une organisation collégiale ».
Cf Sarkozy, Lettre aux éducateurs « Dans l’école que j’appelle de mes vœux (…) il y aura moins d’heures de cours, les moyens seront mieux employés parce que l’autonomie permettra de gérer davantage selon les besoins, les enseignants seront moins nombreux ».
Un point sur le service minimum :
Le service minimum remet en cause le droit de grève. De plus, il donne la possibilité pour la première fois, à des personnels mairie d’intervenir sur le temps de classe des enseignants. N’est-ce pas un premier pas vers les E.P.E.P où l’ on placerait devant des élèves un personnel qui ne dépendrait pas forcément de l’Education Nationale ?
FAISONS UN BILAN :
• Si nous acceptons de supprimer 2 h de cours à l’école primaire (cours du samedi matin), nous acceptons de retirer du temps d’enseignement à chaque enfant durant son cursus primaire. Nous acceptons aussi, à travers la modification du statut des enseignants, la suppression à court terme de l’aide spécifique des R.A .S .E.D.
• Si nous acceptons les jardins d’éveils, nous acceptons la fin de l’école maternelle gratuite et son rôle dans la lutte contre les inégalités.
• Si nous acceptons les EPEP, nous acceptons le démantèlement de l’école publique (garante de la laïcité et de l’égalité de traitement des élèves).
• Si nous acceptons la réforme des I.U.F.M nous acceptons de mettre devant les élèves des professeurs non formés.
• Si nous acceptons les suppressions drastiques de postes nous acceptons des conditions d’enseignement détériorées pour les élèves, surtout pour les collégiens et les lycéens. Les personnels titulaires et formés vont progressivement être remplacés par des personnels précaires, non formés corvéables à merci (moins de conseillers principaux d’éducation, et conseillers d’orientation psychologues, moins d’infirmières scolaires, d’assistantes sociales, médecins scolaires, diminution du nombre de personnels administratifs, éducatifs, de surveillance et d’accompagnement de scolarité…).
PERSONNELS DE L’ECOLE PUBLIQUE, PARENTS, NE L’ACCEPTONS PAS, ET DEFENDONS ENSEMBLE LE SERVICE PUBLIC D’EDUCATION LE 1 ER MAI ET PAR LA SUITE.