Voilà plusieurs semaines déjà que les actes dits de « radicalité » se multiplient à travers les usines en grève, au gré des plans de restructuration et des autres mesures dites d’économie: patrons séquestrés, blocage de la production, menaces…
Le service public n’est pas en reste, notamment à travers le large (40 à 60% de gréviste) et fort mouvement que portent les agents d’EDF, GDF, ERDF, ERGDF (les entreprises du réseau adossées) depuis près de cinq semaines et que j’ai eu l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises la semaine dernière.
Les coupures d’électricité ainsi que les actions de type « tarifications en heures creuses », ont ainsi permis à la droite, par la voix de Fillon de tenter une fois de plus l’amalgame sournois
et nauséabond du syndicaliste « ennemi de l’intérieur ». Ce sont des actes de « sabotage » a-t-il dit lors d’une conférence de presse laissant raisonner en écho le qualificatif de « terroriste »
comme cela avait été le cas il y a quelques mois, après une enquête bâclée et des accusations à l’emporte pièce à l’encontre d’un groupe dit de ‘l’ultra gauche », terme inventé dans le contexte, par Alliot Marie, elle-même.
Ce qui m’interpelle dans ma réflexion pour savoir si je dois seulement comprendre ou comprendre et soutenir est la distance qui sépare la figure de l’agent du secteur de l’énergie gréviste par son seul brassard noir durant plusieurs jours et notamment le 29 janvier afin de rétablir l’électricité et le gaz après le passage de la tempête Klauss dans le sud ouest et celle que tente de nous présenter, depuis quelques jours, le 20h et la droite, celle d’agents « radicalisés », « minoritaires » et évidemment
« priviligiés » et « jusque boutistes »…
Entre temps, l’Etat (majoritaire à EDF et détenant une minorité de blocage à GDF-Suez) et la direction des entreprises publics de l’énergie dont les dirigeant se sont lâchement et chichement augmentés de plusieurs millions d’euros ont accélérer le train du démantèlement du service public de l’énergie: externalisations en direction du secteur privé pour un montant évalué à terme à 1 milliard d’euros et concernant l’emploi de 46 000 agents, recul pour la première fois de l’histoire des salaires réels, fermetures d’agence de proximité à travers l’ensemble du territoire…Et face aux syndicats et aux associations d’usager qui depuis 5 semaines demandent l’ouverture de discussion, l’Etat et la direction engraissée de la compétitivité et de l’efficacité du service public fontt pire que le plus amoral et cupide des fonds de pension: Ils font la sourde oreille.
Alors je le dis, après mûres réflexions,
Face à ces jeunes syndicalistes qui en première ligne, se battent et me disent, alors qu’ils touchent 1080 euros par mois, « à la limite, nos salaires ont s’en fout, ce qu’on veut c’est éviter la privatisation »
Face à cet agent, aîné de ses pairs qui en les regardant me dit « on est arrivé au bout du bout, ils nous humilient, on ne pourra pas les retenir »
Face à cet élu qui n’en croit pas ses oreilles, lorsqu’on lui annonce qu’EDF sur sa commune c’est fini sans aucune autre forme d’échange responsable et argumenté
Face à ce « saboteur » qui me répond lorsque j’évoque mes doutes concernant son mode d’action, « nous on a jamais tué personne, contrairement à eux » et qui cite en exemple les suicides dans l’entreprises avec les lettres laissées à ceux qui restent et qui accusent la direction, les conduites de gaz percées dû à la défaillance du public comme outil de contrôle, la plupart du temps parce que la sous traitance privée et le sous investissement ronge l’expertise et l’acquis des savoirs faire, les boîtes relais qui explosent en plein Paris, comme jeudi dernier dans le 18ème arrondissement, tout cela parce qu’on préfère rémunérer les actionnaires plutôt que d’investir dans le bien commun…
Face à tous cela non seulement, je comprends leurs actions mais je les soutiens. C’est pour les générations futures qu’ils se battent
Razzy Hammadi Secrétaire national du Parti socialiste en charge service public








