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Razzy Hammadi: Secrétaire National du PS chargé des services publics

Quel statuts pour les personnels de la poste

Posté par CNSP 22 - avril - 2009

ne diminution des effectifs et une précarité croissante

La Poste est une entreprise dont les bénéfices vont croissant depuis plusieurs années, ce qui n’est pas le cas des effectifs. Grande entreprise de main d’œuvre, c’est de ce côté qu’elle fait des économies en priorité, afin de dégager des marges de plus en plus fortes et attirer les capitaux privés. C’est la condition d’une privatisation réussie.

Pour peser davantage sur les salaires et les conditions de travail, la précarité est aussi une arme redoutable. C’est la raison pour laquelle on assiste à une réduction des emplois de fonctionnaires, tandis que le nombre de salariés de droit privé augmente mais plus faiblement .

Le président de La Poste, Jean-Paul Bailly, s’est d’ailleurs félicité l’année dernière qu’en 2012, il y aurait autant de personnels de droit privé que de fonctionnaires.

L’intérêt d’accroître la précarité se porte d’abord au niveau des rémunérations.
On peut rappeler à ce sujet que La Poste est une entreprise de bas salaires : 32 % des postiers ont un salaire inférieur à 1 400 euros nets, et 68 % ont moins de 1 800 euros nets. Or le manque de transparence permet à la direction de La Poste de proposer aux contractuels des salaires en moyenne de 20 à 30% inférieurs aux traitements des fonctionnaires tenant le mêmes postes. Elle ose même des salaires du simple au double dans certaines filiales déjà privatisées.
C’est aussi l’occasion de refondre l’organisation interne, casser les collectifs et modifier les rapports au travail en tentant d’opposer les uns aux autres. Deux statuts différents pour des personnels qui font les mêmes tâches, ce sont des droits différents mais qui facilitent au bout du compte une régression pour tous y compris les fonctionnaires. Ainsi, les salaires et les promotions sont de plus en plus gérés dans une grande opacité. Les fonctionnaires ont perdu de fait le droit à la mutation, et les retours « au pays » ou la mobilité choisie dépendent désormais du bon vouloir du petit chef du coin.

Diminution des effectifs et précarité croissante sont le produit d’une politique délibérée de la direction qui a fermé le concours de fonctionnaires depuis de nombreuses années. Mais cette progression de la précarité est également aggravée par un autre phénomène : les contractuels sont relativement plus nombreux dans les filiales, moins dans la maison mère. Or la croissance de l’entreprise repose désormais pour une bonne part sur ces filiales, que ce soit celles du courrier regroupées dans la holding SOFIPOST, ou celles du colis regroupées dans la holding GEOPOST. Progression de la précarité et privatisation rampante sont liées.

Enfin notons que d’autres inégalités existent, sources de discrimination.
La féminisation des emplois à La Poste est à hauteur de 50,7 % de l’ensemble des postier(e)s. Mais la répartition est assez inégalitaire quand l’on compare les emplois occupés par les hommes et les femmes. La Poste, malgré toutes ses déclarations, reste une entreprise sexiste. La suppression des crèches, il y a quelques années dans les Centres financiers n’a fait qu’aggraver les problèmes. Nombre de femmes doivent faire la triple journée.
En 2007 :

Une aggravation prévisible dans le cadre de la privatisation

Une privatisation du groupe la poste marquerait inévitablement une nouvelle étape allant dans le sens de la régression.
Rappelons qu’à France Telecom, les fonctionnaires ayant conservé leur statut sont passés de 110 000 en activité fin 2000 à 70 000 fin 2007. Les départs en retraite ne suffisant pas, on assiste aujourd’hui à un durcissement des méthodes de la direction incluant diverses formes de harcèlement, ou des mutations d’office avec changement de résidence, dans le but de provoquer le plus grand nombre possible de démissions ou de départ à la retraite anticipés des fonctionnaires afin d’achever la mutation de l’entreprise en société privée avec du personnel de droit privé.

Ajoutons encore que l’exemple des postes européennes ne peut que nous confirmer dans l’idée que privatisation rime avec régression.
Ainsi la Poste allemande a perdu près de 150 000 emplois entre 1990 et 2002. Ces pertes n’ont été que faiblement compensées par les opérateurs privés entrés en concurrence dans le cadre de la libéralisation du marché postal. La nature des emplois a surtout considérablement évolué. Ainsi les 2/3 des emplois crées par ces nouveaux opérateurs sont très précaires -on les qualifie volontiers de « mini jobs »- souvent payés moins de 400 euros par mois.

Dans le contexte actuel de la crise, il faut s’attendre à des évolutions qui vont s’accélérer de façon particulièrement brutales. La mobilisation de tous et de toutes sera indispensable.
C’est la raison pour laquelle il ne faut pas seulement combattre toute évolution du statut juridique de l’entrepris allant dans le sens de la privatisation (comme sa transformation en SA). Il faut également combattre toutes les formes de privatisation rampante qui ont également commencé à se mettre en place, notamment celles qui vont dans le sens d’une division et d’une mise en concurrence des personnels de statut différent. Car cette division et cette mise en concurrence affaiblit inévitablement les possibilités d’une riposte commune.

Pendant longtemps, la précarité a été vue comme un phénomène relativement marginal, même si le nombre de personnes concernés était déjà assez important. Aujourd’hui les contractuels représentent près de la moitié des personnels. Cela ne laisse guère le choix. Soit on fait définitivement avec en pensant que cette évolution est inévitable, et dans ce cas le minimum serait évidemment d’exiger les mêmes droits pour ces personnels que dans le privé (avec par exemple des DP, un CE, ou le recours à un inspecteur du travail). Soit on conteste radicalement cette évolution. Et dans ce cas il faut faire de la revendication d’un même statut pour toutes et tous un axe central de notre lutte contre la privatisation. Sinon la défense de la Poste comme entreprise public risque fort d’apparaître comme la revendication d’une partie et non de la totalité de son personnel.

C’est la raison pour laquelle il est urgent de proposer un nouveau statut de l’emploi qui soit le même pour toutes et tous.

Joint à ce billet , vous pouvez en cliquant ici à une document concernant la nouvelle organisation de la poste telle qu’elle est prévue par la direction ainsi qu’à un document sur les fonds de précaution et leur répartition en cliquant ici

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2 Réponse à “Quel statuts pour les personnels de la poste”

  1. Nicolas dit :

    Je te félicite pour ton intervention sur les services publics de samedi dernier : tu es plus convaincant dan le réel vésulien que dans le virtuel télévisuel.

    Un petit ajout d’un communiqué sur la situation du centre de tri de VESOUL

    préavis de grève illimité au centre courrier de Vesoul

    > >
    Communiqué de presse de la CGT PTT de Haute-Saône
    > >
    > > Objet: préavis de grève au centre courrier de Vesoul.
    > > Les 5 organisations syndicales du site (cgt, cfdt, fo, sud, cftc) ont déposé un préavis de grève illimité à compter de mercredi 22 avril 2009, concernant l’ensemble des agents de la distribution du courrier de la « plaque de vesoul ».
    > > Cette situation assez exceptionnelle est une réaction face à la volonté de la Poste de remettre en cause la réorganisation faite en octobre 2008, avec l’installation du nouveau centre. Cette dernière veut déjà augmenter les périodes de sécabilité des tournées, (c’est à dire le partage de certaines tournées de facteurs absents sur les autres tournées couvertes,que l’absence soit prévue ou inopinée) périodes pourtant validées par un accord!
    > > La Direction Générale de la Poste annonce des réorganisations permanentes « pour faire face à l’irrégularité du trafic, aux conséquences de la crise, au développement d’internet, en adaptant les moyens humains. »!
    > > Mais à chaque fois , c’est le personnel qui subit, avec une charge de travail et une précarité qui augmente, une dégradation des conditions de travail de plus en plus mesurable sur l’état de santé, en même temps qu’une baisse importante de la qualité du service rendu aux usagers. Jean Paul Bailly nous annonce ce jour des mesures pour les usagers, par exemple réduire l’attente aux guichets (promesse depuis plus de 10 ans!), mais en suprimant des postes, en fermant des vrais bureaux.
    > > Que va devenir le Service Public dans les années à venir, si le seul critère est la rentabilité (privatisation)?
    > > Le personnel à conscience que la crise n’est pas la même pour tous le monde, qu’elle est discutable, et que la Poste doit reconsidérer sa façon de fonctionner, pour les agents, pour les usagers, pour l’emploi, pour un vrai Service Public.

  2. alain dit :

    Nous sommes plusieurs à avoir travaillé en Direction du Courrier et nous devons nous chercher un nouveau travail à La Poste ou ailleurs.
    Cela fait 1 mois que nous faisons plus rien … mais alors rien! Notre hiérarchie se désintéresse de nous et ne pense qu’à ne plus nous voir !
    On se demandait si la loi 2009-972 du 3 août 2009 concernait les fonctionnaires, surtout l’article 7, ce qui nous ferait vraiment plaisir.
    Quelqu’un peut-il nous renseigner ?
    Merci.

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