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Razzy Hammadi: Secrétaire National du PS chargé des services publics

Archive pour juin, 2009

Communiqué de presse du Bureau National du Parti Socialiste :

Face au passage en force du gouvernement sur le dossier de La Poste, le Parti socialiste en appelle à la mobilisation de tous. Il ne fait aucun doute que le projet de Loi Postale qui sera présenté sans débat, et au cœur de l’été en Conseil des ministres, vise, par le changement de statut, au démantèlement, puis à la privatisation du service public postal.Les conséquences d’une telle décision seraient catastrophiques pour nos territoires et le quotidien de nos concitoyens : inégalités d’accès, suppression massive de bureaux de Poste, logique financière et de rentabilité se substituant à la mission de services publics…

Le Parti socialiste soutient et participera aux initiatives portées par la coordination nationale contre la privatisation de La Poste, en lien avec l’ensemble des syndicats et partis de gauche, notamment à travers des consultations citoyennes sur l’avenir du service public postal.

Le Parti socialiste demande solennellement au Gouvernement d’ouvrir un grand débat public, et d’accepter que l’avenir de La Poste soit décidé par les citoyens eux-mêmes dans le cadre d’un référendum.

Communiqué de presse d’ Alain VIDALIES, Secrétaire national  du parti socialiste  Travail et emploi  , Guillaume BACHELAY, Secrétaire national  Industrie, entreprise, NTIC , Razzy HAMMADI, Secrétaire national  Service public  et du  GSEN EDF-GDF :

EDF vient de saisir la justice à la suite des mouvements de grève que connaît l’entreprise dans plusieurs centrales nucléaires.

Les salariés réclament une amélioration de leurs conditions de travail, une revalorisation de leur rémunération et des embauches dans les entreprises sous-traitantes.

Le Parti socialiste soutient ces justes revendications et dénonce le comportement de la direction de l’entreprise qui, sous prétexte de possibles problèmes de sécurité et d’approvisionnement, bafoue le droit de grève.

Plus largement, les mouvements sociaux qui se succèdent dans les industries électriques et gazières traduisent le refus de la privatisation de l’outil nucléaire orchestrée par le gouvernement.

Le Parti socialiste réaffirme son opposition à la privatisation de ce secteur essentiel pour l’économie de notre pays. Il refuse la destruction d’un outil industriel performant, dont le cadre public a permis le développement. Il rejette sa financiarisation et les tentations d’une appropriation privée de ces outils.

C’est pourquoi le Parti socialiste propose que soit constitué un « pôle public de l’énergie » autour d’EDF et de GDF pour garantir les prix, le niveau d’investissement et le passage à l’économie verte.

La gauche ce n’est pas l’anti droite

Posté par CNSP 22 - juin - 2009

Interview de Razzy Hammadi au Journal du Dimanche le 16 juin 2009

« Nous ne sommes ni crédible pour l’alternative ni pour l’opposition« . Après le revers européen, le constat de Razzy Hammadi est amer. Proche de Benoît Hamon, le jeune membre du bureau national appelle le PS « à se dépasser« . Pour y parvenir, il propose d’organiser des Etats généraux des territoires avec « les autres forces de gauche« . Pour montrer que le PS agit et préparer les régionales 2010.

Razzy Hammadi pose un diagnostic sévère sur son parti. Mais il a des idées pour l’aider à rebondir.

La première des leçons, c’est qu’on n’a pas mobilisé les nôtres. La deuxième, c’est qu’on n’a pas réussi à développer un nouveau discours sur l’Europe. La troisième, fondamentale: nous n’apparaissons pas comme une force d’alternative ni comme une force de sanction contre le gouvernement. Nous ne sommes pas crédibles pour l’alternative ni pour l’opposition.

Comment en êtes-vous arrivé là?
Il y a une conjoncture liée au pouvoir sarkozyste, dont on n’a saisi ni la manière de gouverner, ni ce qui est la stratégie de communication redoutable en direction du grand public. On ne peut pas être simplement dans la réaction. On doit être dans la réactivité. Je pense aussi que le PS vit une crise morale, liée à la sociologie du parti: là où la droite à offert de nouveaux visage, nous on est enfermé dans nos mêmes schémas.

La faute à quoi? Au courant, comme le disent nombre de vos camarades?
Au PS, on est toujours dans des débats où on jauge l’autre à l’aune de son positionnement sur ‘il est plus ou moins à gauche que moi dans le parti’. Or les questions ne se posent pas ainsi, mais en termes de pragmatisme, de social et d’écologie. Un exemple: nous avons des présidents de Conseils régionaux, des maires de villes, qui ont mis sur la table un budget supplémentaire pour la relance liée à la crise. Au total, on atteint sans aucun doute le niveau des sommes mises par le gouvernement. On ne le dit pas assez. Si la droite avait le même nombre de régions (20) et de villes que nous, tout le monde le saurait et tout le monde saurait ce qu’elle fait. On n’arrive pas à incarner physiquement et socialement ce qui est partagé par le plus grand nombre: le quotidien. Nicolas Sarkozy va au Fouquet’s mais il donne le sentiment de parler comme l’homme de la rue, et se fait comprendre.

« Arrêter de parler du Modem mais parler à sa base« 

Quelle solutions prônez-vous pour sortir le PS de l’impasse actuelle?
Plus qu’une refondation, j’appelle à un dépassement. Je souhaite par-dessus tout discuter avec nos camarades du Front de gauche, des Verts, pour construire une alternative pour les régionales et les cantonales. J’appelle à des Etats généraux des territoires dès la rentrée, en interaction avec toutes les autres forces de gauche. C’est la première étape: construisons des projets pour les territoires, qui montrent concrètement qu’on est capable d’agir à gauche, indépendamment de ce que fait la droite. Oui, nous pouvons, par exemple, au niveau de nos 20 régions construire un plan climat coordonné. Ainsi, on arrivera à monter qu’on n’est pas simplement dans l’anti droite car la gauche ce n’est pas ça.

Vous parlez de partenaires de gauche. Avec le résultat des européennes, la question du Modem est enfin évacuée…
Cette question est un faux problème. Et on se caricature nous-même en la posant. Je connais des responsables départementaux du Modem qui rejoindront une plateforme alternative à la politique de Sarkozy car c’est ce qu’ils souhaitent, indépendamment de ce que voudra Bayrou. Le Modem explose là-dessus. Il faut arrêter de parler du Modem, il faut parler à sa base.

« Valls n’existe que parce qu’il a des mots durs pour son propre parti« 

D’autres, comme Gaëtan Gorce et Aurélie Filippetti souhaitent aussi des Etats généraux…
Je n’ai rien contre leur initiative mais si c’est pour qu’on s’enferme trois jours pour parler de nous-mêmes … Les gens ne veulent pas qu’on parle de notre nombril mais qu’on parle du leur. Non, il faut de Etats généraux des territoires, pour faire participer les citoyens sur ce que doit être le prochain programme des socialistes aux régionales, qu’on y implique l’ensemble des cadres associatifs et syndicaux, puis qu’on discute avec l’ensemble des partenaires de gauche, même s’ils ne sont pas avec nous au premier tour. Au moins on aura une logique lisible par tous, pour dire que si on se retrouve au second tour c’est sur la base d’une discussion entamée bien avant. J’évoquerai ce sujet lors du bureau national de ce soir.

C’est donc cela, « ouvrir portes et fenêtres », la nouvelle expression à la mode au PS?
Les premières portes et fenêtres à ouvrir, ce sont celles de nos têtes. La première refondation c’est celle qui doit avoir lieu dans nos têtes. On ne répond pas à la crise morale par des dispositifs politiques. On répond à cette crise en étant exemplaire. Il faut qu’on soit exemplaire sur notre manière de faire de la politique, sur la manière d’être unitaire, sur la manière d’entamer le débat. Nous sommes affaiblis. Nous ne devons donc laisser aucun des nôtres de côté.

Même Manuel Valls? Lui aussi, finalement, souhaite un dépassement du PS. D’une autre manière.
Le problème de Manuel c’est qu’il appelle sans cesse le PS à proposer, sauf que je n’ai jamais entendu une idée de sa part. Il ne vit que parce qu’il a des mots durs pour son propre parti. Moi j’ai envie qu’on existe parce qu’on contribue positivement à la force de gauche qu’est censée incarner le PS et son dépassement de demain avec l’ensemble des forces de gauche

Et quand Bertrand Delanoë évoque ses craintes de voir le PS sombrer dans les travers de la SFIO, ça vous parle?
Bon, là on est dans des analyses de surface. Moi je suis plutôt dans le concret. Quand on a quelque chose à dire, si ce n’est pas plus fort que le silence, il vaut mieux se taire, comme dit le poète.

Est-ce, à votre sens, l’une de des plus graves crises du PS?
Oui, c’est l’une des plus graves crises car on a du mal à poser le diagnostic. Ou plutôt parce que il n’y a pas deux personnes qui diront la même chose sur le diagnostic.

Le discours de Martine Aubry, devant le Conseil national, va dans le bon sens?
Je suis un peu resté sur ma faim, j’en attendais plus. Je ne pense pas que proposer des comités supplémentaires soit la réponse qu’attendent nos concitoyens. Il faut qu’on parvienne à faire fi de l’analyse de l’air du temps, et ne pas avoir de réponses temporaires qui souvent riment avec éphémère. On a des axes structurants qui doivent émailler les mois qui viennent. 1/ Les Etat généraux des territoires. 2/ Un Plan de renouvellement de nos cadres. 3/ La délimitation d’un champ de propositions qui font sens. 4/ Politiser davantage l’espace européen sur l’axe gauche-droite, amener un clivage. 5/Refonder notre communication, afin de ne plus suivre simplement le son et le bruit des médias ou l’extrême communication de Nicolas Sarkozy. On doit définir nous-mêmes des thèmes et enjeux sur lesquels ont dit: voilà nous nous exprimons, nous agissons.

Communiqué de Presse de Razzy Hammadi Secrétaire National du Parti Socialiste en charge des Services Publics :

Alors que la crise frappe durement les Français, que le chômage explose et que le pouvoir d’achat recule, le gouvernement augmente les tarifs de l’électricité. Visiblement, il n’a toujours pas pris la mesure des difficultés auxquelles font face les Français. C’est un nouveau coup dur porté aux classes moyennes et modestes, alors que les cadeaux fiscaux s’accumulent pour les plus aisés.

Le Parti socialiste s’oppose à cette décision et demande au gouvernement de prendre rapidement les mesures nécessaires pour amortir les conséquences sociales de la crise.

Le gouvernement justifie cette hausse par la nécessité de financer les réseaux de distribution. Ceux-ci nécessitent effectivement des investissements massifs. L’Europe a notamment besoin de grands réseaux européens permettant une vraie Europe de l’électricité.

Mais, en période de crise, il reviendrait aux plans de relance nationaux et européens de financer ces investissements. Pas au consommateur.

Les printemps de défense des Services Publics

Posté par CNSP 18 - juin - 2009

Razzy Hammadi secrétaire national du parti socialiste aux services publics sera présent lors de cette journée de défense du service public .

Communiqué de presse de Razzy Hammadi secrétaire national aux services publics:

Luc Chatel, secrétaire d’Etat chargé de l’industrie et de la consommation, a présenté mardi 16 juin les grandes lignes du projet de loi postale qui aboutira au changement de statut de l’entreprise publique, premier pas vers sa privatisation.

Car les arguments présentés en faveur de ce changement n’ont pas d’autre explication. Ni les directives ni les normes communautaires ne comportent d’obligations juridiques concernant le statut des opérateurs ou leur « privatisation ». Cette décision est du seul ressort des Etats membres. Les considérations financières ne sont pas plus valables. La poste s’autofinance pour son développement. L’entreprise participe même au financement du budget de l’état compte tenu que les obligations de service public ne sont pas toutes compensées. Enfin l’ambition du développement externe relève d’une erreur stratégique d’appréciation des spécificités du marché postal : proximité, maillage du territoire…

Le Parti socialiste rappelle son engagement contre la privatisation et pour un service postal universel rénové. Pour y parvenir, il faut le faire avec tous les acteurs, par un grand débat public précisant les objectifs et les missions : égalité, tarif unique, sécurité, sûreté et confidentialité, refus de tout dumping social ou d’écrémage territorial…

Le Parti socialiste demande donc au gouvernement de renoncer à son projet et d’ouvrir un large débat public pour que toutes les options puissent être envisagées dans la sérénité.

Contribution sur la Poste de l’AITEC

Posté par CNSP 15 - juin - 2009

Contribution de l’association internatioanle des techniciens experts et chercheurs :

Le changement de statut de « La Poste » d’établissement public en société anonyme par actions est clairement demandé depuis un an par ses dirigeants et a été repris par le rapport Ailleret, puis par le président de la République qui veulent profiter de la mise en concurrence totale décidée par les Institutions européennes pour le 1er janvier 2011 pour imposer la réforme.

Les hésitations du gouvernement quant à la date du débat parlementaire sont significatives des larges oppositions qu’a suscitées son projet dans la société française, de la part des populations, des élus locaux, des usagers, des personnels et des organisations syndicales. C’est un encouragement à exiger le rejet du changement de statut et de la privatisation qu’il prépare. D’autant que d’autres solutions existent.

Les promoteurs de la réforme mettent en avant trois raisons complémentaires, que l’on peut ainsi résumer :
disposer des moyens d’affronter la libéralisation totale du marché du courrier en 2011 et respecter les règles européennes,
avoir les moyens de lever 2 à 3 milliards d’Euros pour financer la croissance sans solliciter les finances publiques,
disposer des moyens de nouer des alliances stratégiques et de pouvoir profiter des opportunités de croissance externe, afin de ne pas « sortir du groupe des grands européens » et de rester « une des postes qui structurent le marché européen ».

Aucun de ces arguments ne résiste à un examen rigoureux de la situation et des enjeux.

« Disposer des moyens d’affronter la libéralisation totale du marché du courrier en 2011 et respecter les règles européennes » ? D’abord, ni les directives ni les normes communautaires ne comportent d’obligations juridiques concernant le statut des opérateurs ou leur « privatisation ». Il y a parfois de fortes pressions des Institutions européennes pour passer de la libéralisation à la privatisation. Mais cette décision est du seul ressort des Etats membres. L’exemple de Gaz de France est révélateur. Au départ, le gouvernement et le Parlement s’étaient engagés à ce que la part de l’Etat ne descende pas en dessous de 70%. Mais la promesse a été abandonnée lors de la fusion avec Suez et on est passé très vite de la libéralisation à la privatisation.
« Avoir les moyens de lever 2 à 3 milliards d’Euros pour financer la croissance sans solliciter les finances publiques » ? En fait, non seulement La Poste ne fait aucun recours aux finances publiques pour assurer son financement ou son développement, mais ce sont les utilisateurs des services postaux qui financent le budget de l’Etat (plus de 600 millions en 2007), compte tenu que les obligations de service public (aménagement du territoire, transport et distribution de la presse, accessibilité bancaire) ne sont pas toutes compensées. La Poste autofinance largement ses investissements et sa modernisation, tout en assurant son désendettement. Reprenant l’argument des besoins de capitaux pour la modernisation de La Poste, comme élément clé nécessitant selon lui le changement de statut, le rapport Ailleret avance des chiffres qui ne justifient rien.

Dans la version du 9 décembre 2008, le projet de rapport avouait que les besoins d’investissements « internes » pour 2009-2012 étaient du même ordre que les capacités actuelles de financement de La Poste (environ 4,5 milliards d’Euros), mais précisait que la « croissance externe » pouvait nécessiter de 2,9 à 4,3 milliards d’Euros sur la période. Ces chiffres ont mystérieusement disparu de la version finale du rapport…
Ainsi, le seul élément justifiant le changement de statut se résume à « disposer des moyens de nouer des alliances stratégiques et de pouvoir profiter des opportunités de croissance externe ». Cet argument relève soit d’une erreur stratégique d’appréciation des spécificités du « marché postal », soit d’une volonté de transformer les missions de La Poste. Les arguments mis en avant visant à ne pas « sortir du groupe des grands européens » et de rester « une des postes qui structurent le marché européen » relèvent d’une référence implicite à la situation des télécommunications, du transport aérien ou de l’énergie dans lesquelles la libéralisation débouche sur la constitution d’un oligopole de quelques grands groupes qui dominent et structurent le marché européen. Or les services postaux présentent la spécificité d’être profondément ancrés dans les territoires, d’être des services publics de terrain, de « proximité » ; l’activité repose sur un contact quotidien avec la grande majorité de chacun des utilisateurs ; elle implique une présence physique et des possibilités de contacts humains réguliers à un maillage extrêmement fin. En réalité, l’objectif des dirigeants de La Poste est de pouvoir « jouer au monopoly en Europe », procéder à des acquisitions et avoir un comportement prédateur. En fait, l’enjeu consiste à la fois à refonder le service public postal et à en assurer la démocratisation.

Les spécificités de la « libéralisation » communautaire postale (directives de 1997 – 2002 – 2008)

La directive européenne de 2008, qui complète les directives de 1997 et de 2002, qui avaient commencé à libéraliser le secteur postal, vise à l’« achèvement du marché intérieur postal » en procédant à la libéralisation totale du courrier en 2011. Il convient cependant de procéder à un examen précis des dispositions communautaires spécifiques au secteur postal. A la différence des autres secteurs (télécommunications, énergie, transports), les textes communautaires comportent une définition ambitieuse et exigeante du « service universel » garanti à chaque habitant de l’UE au plan communautaire. Il s’agit précisément :
d’assurer au moins cinq jours ouvrables par semaine, « sauf circonstances ou conditions géographiques jugées exceptionnelles », au minimum : la levée, le tri, le transport et la distribution des envois postaux jusqu’à 2 kilogrammes, des colis postaux jusqu’à 10 kilogrammes (pouvant être étendu à 20 kg), les services relatifs aux envois recommandés et aux envois à valeur déclarée ;
de définir un plan ambitieux de présence postale, afin de « tenir compte des besoins des utilisateurs » ;
de permettre d’assurer la gratuité pour les aveugles [1] ;
de définir précisément des normes de qualité de service (délais de distribution, attente aux guichets, réactivité aux demandes) ;
de garantir des voies de recours, de règlement des litiges et d’indemnisation pour les utilisateurs ;
de garantir les « exigences essentielles », y compris le respect des conditions de travail et des régimes de sécurité sociale, le respect des conventions collectives, la protection de l’environnement, l’aménagement du territoire ;
de garantir un service identique pour les utilisateurs dans des conditions comparables et mettre en place des dispositifs précis d’évolution en fonction de l’environnement technique, économique et social, ainsi que des besoins des utilisateurs ;
de décider d’un tarif unique [2] sur tout le territoire national pour chacun des services faisant partie du service universel et garantir qu’il soit abordable pour tous les utilisateurs, afin que chacun de ceux-ci y ait accès ;
de désigner un ou plusieurs prestataires du service universel.

Refonder le service public postal universel :

La directive confie à chaque État membre la mission d’adopter les mesures nécessaires à la garantie du service universel, leur reconnaissant donc de larges pouvoirs d’adaptation à la spécificité de leurs situations.

Lors de la préparation du projet de directive de 2008, certains acteurs avaient souhaité l’allègement de ces obligations jugées être des obstacles à l’introduction d’une réelle concurrence dans le secteur. Mais ni la Commission européenne dans son projet, ni le Conseil, ni le Parlement, lors du processus de co-décision, n’ont suivi cette voie et la directive postale est aujourd’hui la plus « équilibrée » entre objectifs de libéralisation et définition d’objectifs d’« intérêt général ».

Si la directive de 2008 a pour principale caractéristique la disparition du « secteur réservé » pour assurer le financement du service universel, elle définit des possibilités là encore plus étendues que pour les autres secteurs. Même si l’on peut regretter que l’une des formes de financement du service public universel ne puisse plus être un « secteur réservé » pour une partie du service, la directive communautaire laisse de larges marges de manœuvre en matière de financement.

On peut donc, y compris dans le cadre communautaire actuel, refonder le service public postal, en précisant des objectifs et missions ambitieux de service public (ou de service universel, c’est ici rigoureusement identique) comme la garantie d’égalité, d’un service identique pour les utilisateurs dans des conditions comparables ; un tarif unique sur tout le territoire national pour chacun des services faisant partie du service universel et garantie qu’il soit abordable pour tous les utilisateurs, afin que chacun de ceux-ci y ait accès ; la garantie de la sécurité, de la sûreté et de la confidentialité des communications ; le blocage de toute forme de dumping social ou d’écrémage territorial ; la mise en place de dispositifs précis d’adaptabilité et d’évolution en fonction de l’environnement technique, économique et social, ainsi que des besoins des utilisateurs ; la désignation de La Poste comme prestataire du service universel.

En fait, il faut inverser la démarche qui est à la base aussi bien des demandes des dirigeants de La Poste que du rapport Ailleret pour partir non pas du projet industriel de la Poste et des milliards à trouver pour lui permettre d’acheter d’autres entreprises en Europe, mais des besoins et des garanties des usagers et des travailleurs du secteur afin de refonder un service public postal efficace.

Financer le service public postal universel :

La directive européenne empêche de financer le service public universel par un « secteur réservé » pour une partie du service. Même si elle laisse des marges de manœuvre en matière de financement lors de la transposition, il faut continuer à demander à la fois à la Commission et aux autres Etats-membres d’annuler la suppression du secteur réservé dans tous les Etats-membres intéressés.

Sur la compensation résultant de la suppression du secteur réservé, la directive de 2007 est fort imprécise, renvoyant sans commentaire à plusieurs solutions éventuelles entre lesquelles on pourrait choisir. Quant au rapport Ailleret, il considère le problème comme résolu : « le mécanisme de la compensation et la responsabilité de l’évolution des charges du service universel ont été définis » (p.19 du rapport). Sans préjuger d’un satisfecit, parmi les solutions proposées par la directive le système « play or pay » ne fait payer que les nouveaux entrants sur le marché (donc ni l’Etat ni les usagers). Néanmoins ce système pose deux problèmes non résolus :
d’abord établir le coût précis du service universel et des obligations qu’il comporte pour l’opérateur qui en a la charge, y compris en matière d’« exigences essentielles » : calculer précisément, pour chacune de ses composantes, le surcoût que supporte La Poste par rapport à une situation où elle n’agirait qu’en fonction d’objectifs commerciaux. On a le précédent de France-Télécom où l’évaluation du coût du service universel fait l’objet de contestations permanentes (voire de marchandages), dues à la difficulté de calculer de façon précise et objective ladite charge ; encore plus importante pour la Poste que pour France-Télécom, le service universel étant d’un poids plus lourd que pour les télécommunications – ayant déterminé (difficilement) ce surcoût, il convient d’en examiner le financement : d’après le système « play or pay », un nouvel entrant ou un concurrent potentiel s’engage à respecter et à prendre en charge l’ensemble des obligations de service universel au même titre et dans les mêmes conditions que La Poste ; soit il verse une redevance, en pourcentage de son chiffre d’affaires lié aux engagements qu’il prend, à un fonds de compensation, de façon à égaliser les conditions de concurrence (cf. la situation en Finlande) ; cette disposition doit être inclue dans l’autorisation que met en place l’Etat pour tout nouvel opérateur. Rien ne prouve que les éventuels nouveaux entrants seront réellement contraints de jouer le jeu de la compensation, car des conditions d’entrée exigeantes réduiraient au strict minimum (comme en Finlande) la concurrence recherchée par la directive ; on tendra alors à adopter une attitude complaisante pour attirer les nouveaux entrants éventuels. Pour éviter de telles dérives, il semble indispensable d’exiger, préalablement à l’application en 2011 de la directive sur ce point : – l’organisation d’une évaluation objective et contradictoire du montant de la perte de recettes qu’entraînera pour l’opérateur historique la suppression du secteur réservé, – la mise en place d’un contrôle garanti du payement total, par tout nouvel entrant sur le réseau, de sa participation au service universel, en fonction de son chiffre d’affaires.

Relever le défi de la communication

Si le service postal se définit de manière traditionnelle, il faut aujourd’hui étendre le champ de responsabilité du service public universel à l’ensemble des besoins de communication, d’information et de service.

Par exemple : a) que chaque bureau de poste soit un lieu d’accès haut débit à internet ; b) que la Poste soit le « tiers de confiance » des usagers en matière de signature numérique et de paiement en ligne ; c) que la Banque postale soit redéfinie et reconstruite sur la base d’un véritable service universel bancaire ; d) que chaque bureau de poste, ou chaque lieu d’accueil de chaque autre service public, développe des synergies entre services publics, de façon à mettre en place des moyens intégrés de réponse aux besoins des usagers et des citoyens.

Démocratiser La Poste :

Des bureaux de Poste démocratiques

Les bureaux de poste qui assurent la relation directe avec le public ont, de ce fait, un rôle fondamental pour concrétiser le service universel que doit assurer la poste. Ils sont actuellement en France 17000, dont 3600 intégrés dans des locaux municipaux et 1400 dans des commerces privés (alimentation, tabac). Dans ce contexte, plusieurs problèmes doivent être résolus :
le service universel exige des normes de qualité élevées (d’après la directive) quant à l’attente aux guichets et au degré de réactivité aux demandes, que les bureaux de poste doivent satisfaire. Il faut donc définir ces normes en temps d’attente maximum au guichet (par ex.10 minutes) et en temps de réaction aux demandes, et disposer du personnel compétent en fonction de cette demande locale
tout service public doit s’adapter au progrès technique ; or le secteur de la communication est l’un de ceux qui évoluent le plus rapidement ; les bureaux de poste doivent donc constituer des lieux d’accès haut débit à internet ; ils doivent développer des synergies entre services publics, de façon à mettre en place des moyens intégrés de réponse aux besoins des usagers et des citoyens ; ils doivent aussi assurer un véritable service universel bancaire,offrant à tous un éventail élargi de produits financiers au meilleur prix
la démocratisation et la décentralisation nécessaires de la poste, quelle que soit l’option choisie (conseils du service public postal ou sociétés coopératives postales) impliquent un fonctionnement des bureaux de poste en relation directe avec les attentes exprimées du public local. Néanmoins cette organisation locale devra s’insérer dans un cadre national (et même européen) défini par un cahier des charges type
le choix de la nature des bureaux de poste (bureaux indépendants ou reliés à une mairie ou à un commerce) dépendra de l’étendue de la mission attribuée à chacun de ces points d’accueil. Ce choix incombera au public local selon ses besoins propres, l’attention de celui-ci étant cependant attirée sur quelques règles générales : priorité absolue à l’activité principale (qui est la satisfaction du service universel) par rapport à toute activité d’ordre commercial, homogénéité du statut des agents, strict respect du secret du courrier et de la situation financière des usagers. C’est en tenant compte de ces recommandations et du degré de compétence correspondant des agents que les responsables locaux seront amenés à choisir entre ces diverses formules, ainsi que de l’agencement des locaux. Néanmoins on peut s’interroger sur la compatibilité entre la fonction du service public de la Poste et la fusion d’agences locales avec certains commerces de proximité (bureaux de tabac, commerces alimentaires). Ces points de vente auront-ils la compétence nécessaire et la pérennité ; le choix de cette formule ne doit-il pas être limité au strict minimum ?( alors qu’elle tend à prendre une extension exagérée)

Ayant ainsi clairement défini les missions de La Poste, en particulier d’un service public universel moderne et efficace, rien ne justifie aujourd’hui le changement de statut de La Poste, sauf à vouloir développer une stratégie ambitieuse d’acquisitions en Europe, qui n’apparaît en rien nécessaire. Par contre, la refondation du service public postal universel implique sa réelle démocratisation.

Pour l’AITEC, deux pistes sont ici à explorer, qui peuvent être complémentaires. Celle qui consiste à rester dans le cadre des structures actuelles d’un service public national, en organisant leur démocratisation et celle qui repose sur une réforme plus profonde, donnant de réels pouvoirs au niveau local.

La première hypothèse consisterait à créer des Conseils du Service Public postal avec élection des représentants des usagers à chaque niveau géographique : commune ou communauté de communes, département, région. Ces conseils seraient ainsi composés, par tiers : de représentants des conseillers municipaux, élus par le collège des élus municipaux ; de représentants des organisations de consommateurs et d’utilisateurs professionnels représentatives, élus par les habitants ; de représentants des syndicats, élus par les salariés des services publics. Y seraient présents également avec voix consultative, les dirigeants du service public, opérateur et administrations concernés.

Ces Conseils devraient être compétents et responsables (avec un pouvoir de codécision) sur l’offre de service et sa qualité, l’accès au service des usagers en difficulté ou situés dans les zones défavorisées ou isolées, la contribution du service public aux politiques publiques, au développement durable, à l’emploi et à la protection de l’environnement, tant au plan local qu’au plan régional ou national ; ils devraient veiller à la mise en œuvre des principes d’égalité d’accès, d’adaptation, de qualité et d’efficacité, de solidarité sociale et territoriale et disposer d’un pouvoir de proposition sur ces questions ; ils devraient donner des avis et recommandations, consultatifs ou suspensifs selon les cas, sur les programmes d’investissements, l’organisation des services, les plans d’objectifs à moyen terme, la politique tarifaire.

Mais on peut aussi étudier une proposition différente, consistant à développer des sociétés coopératives postales locales dont la propriété serait partagée par L’Etat, « La Poste », les mairies, les départements, les régions, les habitants et les salariés intéressés à une coproduction du service postal au niveau local. Chaque agence locale, société coopérative postale, gérerait le service de la Poste en fonction des attentes des usagers et des propositions des salariés, tout en ayant une série d’activités franchisées avec la Poste nationale, utilisant son informatique, ses systèmes techniques pour toutes les activités essentielles du courrier et de la banque. Dans ce système les membres de la société coopérative participeraient à la gestion à partir de leur participation à la propriété collective. Il y aurait donc des régies postales locales et un outil industriel national et même mondial, contrôlé par l’Etat et les coopératives locales ayant les coudées franches pour son développement, car non pris dans la contradiction actuelle d’avoir à maintenir son réseau pour des raisons sociales et politiques qui n’ont rien à voir avec ses exigences techniques et commerciales.

Ces agences postales locales devraient viser à se transformer en maisons des services publics comme cela avait été envisagé au titre de l’expérimentation mais jamais acté réellement. D’autres grands services publics (transport en particulier) pourraient être membres des sociétés coopératives locales, pour en mutualiser les implantations et les équipements. La Poste deviendrait un réseau de services postaux locaux autogérant leurs horaires d’ouverture, et toute leur organisation pour le bien de la communauté locale des salariés et des usagers. De ce point de vue La poste aurait quelque similarité avec l’établissement d’enseignement primaire ou secondaire. Si cette proposition présente le danger de disparités et inégalités entre territoires et populations, elle peut ne pas remettre en question le statut du personnel, qui continuerait d’être national pour avancement, garanties, affectations etc., tout en ayant un management local. La Poste deviendrait un grand service public d’économie sociale.

Construire un véritable service universel européen

Les services postaux sont au cœur des missions d’intérêt général, de service public et de « service universel » reconnues dans les traités et directives communautaires, dont l’objectif est de garantir le droit d’accès de chaque habitant en tout point du territoire européen à des services de communication de qualité ; d’organiser la cohésion économique, sociale et territoriale de l’UE, le lien social, de développer les conditions d’un développement durable. On ne saurait se satisfaire longtemps d’un renvoi aux Etats membres de la définition du contenu et du financement du service universel. D’abord, parce que cela ne peut que créer des distorsions entre les Etats, contraires aux objectifs mêmes de réalisation d’un marché unique. Surtout parce que l’Union européenne a besoin d’un service de communication intégré et de développer des solidarités entre les Etats membres dont les caractéristiques de géographie physique et humaine sont profondément disparates. Il faut donc poser ouvertement la question d’un dépassement de la seule libéralisation par la construction progressive, pour tout ce qui relève du service universel garanti à chaque habitant en tout point du territoire européen, d’un service postal communautaire, à commencer par la création d’un timbre européen unique pour les envois du service universel (ce qui par ailleurs comporterait un aspect symbolique fort pour chacun des citoyens), avec la mise en place de mécanismes de compensations et de péréquation adaptés. Les institutions européennes doivent prendre les initiatives en matière de contrôle, de régulation et d’évaluation pour que le service universel soit effectivement garanti en tout point du territoire européen pour chacun des habitants. En particulier, les régulateurs nationaux (souvent également régulateurs des télécommunications) doivent être coordonnés par un régulateur européen, chargé de faire respecter les règles du marché unique et celles du service universel

Conclusion

On a pu constater que la ligne de front du gouvernement sur ce sujet évolue en fonction des rapports de force. Envisageant d’abord une ouverture du capital de La Poste au privé, dans la suite logique du changement de statut, face à la résistance syndicale il a ensuite reculé en affirmant que La Poste resterait dans le domaine public. Puis il a déplacé l’échéance, depuis le mois de juin 2009 pour une date indéterminée. Il est très probable qu’il attende le moment qu’il estimera favorable pour pousser sa solution, comme il l’a fait chaque fois qu’il a voulu parvenir à privatiser un service public, la dernière manœuvre de ce type ayant été celle du futur président de la République (à l’époque ministre des finances) jurant solennellement devant les syndicats que jamais Gaz de France ne serait privatisé au-delà de 30%. On a vu la suite ! Il faut donc ne pas relâcher la vigilance et s’appuyer sur le consensus populaire actuel qui soutient cette résistance. Et la meilleure défense n’est-elle pas de prendre l’offensive en organisant les conditions d’un large débat public qui aboutirait à un referendum populaire organisé par exemple dans chaque commune [3] -pouvant, si possible, être étendu au niveau national- ?

Communiqué de Presse de Razzy Hammadi Secrétaire National du Parti Socialiste aux Services Publics

Après la nomination de François Pérol à la Caisse d’Epargne-Banque populaire, après la nomination de Stéphane Richard chez Orange (entreprise détenue a 27% par l’Etat), N. Sarkozy récidive avec la nomination de Bernard Delpit, son conseiller économique, à la direction financière de La Poste.

C’est un nouvel exemple du mépris de N. Sarkozy pour les règles de déontologie. C’est un nouvel exemple de sa volonté de placer partout ses proches.

A 3 jours des élections européennes, cette nomination démontre à quel point le Président de la République se croit tout permis

Alors qu’il se prépare à privatiser La Poste tout en refusant d’en débattre devant les Français, sa seule obsession demeure de placer ses hommes.

Le Parti socialiste dénonce ces nominations. L’intérêt particulier du Président de la République ne peut continuer en toute impunité à se substituer à l’intérêt général du pays.

Pour un pôle financier public

Posté par CNSP 2 - juin - 2009

Un document de la CGT concernant la mise en place d’un pôle financier public. Pour y accéder cliquez ici

Pour un pôle national de transport public

Posté par CNSP 2 - juin - 2009

Un document de la CGT concernant la mise en place d’un pôle de transport public pour y accéder cliquez ici

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