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Razzy Hammadi: Secrétaire National du PS chargé des services publics

Education nationale et recherche, maternités et petite enfance, hôpitaux, justice, transports, logement…la résistance à la casse des services publics se manifeste partout et se développe avec une grande diversité.
Parce que la Coordination Nationale, au nom des comités et des usagers qu’elle représente exige l’égal accès de tous à des soins de proximité de qualité en toute sécurité,
Parce que son objectif est de défendre et de promouvoir les structures hospitalières de proximité nécessaires dans le cadre d’une mission de service public,
Parce qu’elle refuse que l’on mette les politiques publiques au service d’intérêts privés sur le seul critère de la rentabilité financière,
Parce qu’elle exige que les populations et les territoires concernés soient associés aux décisions dans le respect des principes démocratiques,
Parce qu’elle est engagée depuis sa création dans une collaboration étroite avec les organisations syndicales en lutte pour la défense des services publics,
Parce qu’elle est partenaire de la Convergence de défense des Services publics,

La coordination appelle à soutenir et à participer à la journée de mobilisation du 23 mars.

Communiqué de Presse de Razzy Hammadi : Secrétaire National aux Services Publics du Parti Socialiste

Comme les Français confrontés aux difficultés de fonctionnement des administrations et des services publics, comme les agents soumis à la pression et à la désorganisation d’une politique purement comptable, le Parti socialiste n’a qu’une chose à dire au Président de la République : quand on a votre bilan, M. Sarkozy, on ne vient pas une nouvelle fois faire la leçon et vanter son action, on change de cap.

Depuis 2007, le gouvernement Sarkozy-Fillon a fait le choix idéologique de supprimer un fonctionnaire sur deux et promis d’augmenter encore le rythme des suppressions de postes jusqu’en 2010. Si les paroles sont douces, les actes sont durs et les résultats désastreux.

Le résultat, c’est le plus grand plan social d’Europe avec la suppression de 100 000 emplois depuis 2007. En pleine crise économique et sociale, alors qu’il faudrait soutenir l’emploi et la consommation, c’est un non sens économique et une grave faute sociale ! Le résultat, ce sont 46000 adultes de moins dans les établissements scolaires, avec les conséquences que l’on sait en matière de sécurité et d’échec scolaire. Ce sont plus de 10 000 policiers et gendarmes en moins pour assurer la sécurité des Français, avec les conséquences que l’on sait sur la hausse de l’insécurité.

Ces réductions passent par de nombreuses « réorganisations » qui, menées de manière bâclée, désorganisent les administrations et les services publics. Et, comme l’a rappelé récemment la Cour de Comptes, les bénéfices financiers pour l’Etat ne sont même pas avérés. Chacun sait, en effet, qu’une logique purement comptable se retourne souvent contre ses objectifs.

Derrière les discours, ce qui se cache, c’est en fait un nouveau et massif transfert de richesse. Les impôts sont baissés pour les plus riches et ces baisses d’impôt doivent être financées par la détérioration des services publics.

Le Parti socialiste s’élève contre cette stratégie injuste, inefficace et qui sacrifie l’avenir. Dans la crise, comme dans les moments d’épreuve que traverse le pays avec la tempête, on mesure à quel point il est important d’avoir un Etat et des services publics en bon ordre de marche et de grande qualité. Stigmatiser et affaiblir la fonction publique comme le font sans cesse la droite et le Président de la République est un mauvais service rendu au pays et à l’ensemble des Français.

Le Parti socialiste demande l’arrêt de la politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, une évaluation indépendante de la « révision générale des politiques publiques » et un soutien aux services publics qui sont la condition de politiques publiques performantes au service des Français.

Témoignage d’un militant socialiste :

Les centres de vaccination mis en place à la hâte par la ministre de la Santé Roselyne BACHELOT pour endiguer la propagation du Virus de la grippe A sont saturés et fonctionnent mal.

Le président de la république a donc décidé mardi 02.12.2009 d’élargir les horaires d’ouverture de ces centres afin d’augmenter la cadence des vaccinations. Les centres seront dorénavant ouverts 7 jours sur 7 de 8 heures à 22 heures.

Pour faire face à ces nouvelles contraintes, les préfets du Val De Marne et de Seine St Denis ont demandé mardi aux directeurs des services fiscaux de leur département de leur soumettre avant jeudi 03.12.2009 à midi, une liste d’agents volontaires pour encadrer
administrativement le travail des centres de vaccination.

A défaut, les préfets et l’administration fiscale se réservent le droit de réquisitionner les agents dont ils auraient besoin pour cette tâche.

Le recours à de telles pratiques est révélateur de l’incapacité du gouvernement à mettre en place une politique de prévention de grande ampleur, et ce alors même que le nombre de patients à vacciner est connu depuis plusieurs semaines.

La réquisition des agents de l’administration fiscale, dans une période de l’année où la charge de travail est particulièrement lourde pour ces derniers, démontre la dangerosité des politiques menées jusqu’à présent en matière de suppression d’emplois dans la fonction
publique hospitalière ou étatique.

Le parti socialiste dénonce avec force les politiques d’affaiblissement systématique de l’Etat qui sont à l’origine de telles procédures qui devraient demeurer exceptionnelles.

Budget du CHRU de Tour

Posté par CNSP 2 - juin - 2009

Les circonstances dans lesquelles nous sommes amenés à examiner l’exécution du budget 2008 et à nous prononcer sur l’EPRD 2009 sont assez particulières pour qu’elles justifient notre déclaration liminaire.
En effet en ce moment même est discutée au Sénat le projet de loi Bachelot, projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires », qui ne change rien sur le fond des mécanismes de gestion de l’hôpital mis en œuvre depuis 2005. Ces mécanismes, ceux de la T2A et le contenu proposé de la réforme hospitalière forment un tout. C’est un paquet cadeau empoisonné, qui a pour finalité de faire prévaloir dans le domaine de la santé la logique comptable de la rentabilité financière au détriment de la logique de santé.
La réforme de l’hôpital nécessitait un grand débat public et non la précipitation et l’urgence politicienne, c’est pourquoi nous nous joignons à celles et ceux qui demandent le retrait de ce projet de loi.
Pour l’heure le gouvernement n’a pas répondu aux attentes de l’ensemble de la communauté hospitalière pas plus qu’aux attentes d’une large majorité de français qui pensent que si l’hôpital va mal ce n’est pas dû à son manque d’organisation, mais parce qu’il a été victime, au fil des années, de politiques aberrantes et surtout de la mise en place du paiement à l’activité.
Pourtant, un nouveau rapport, paru en mars sous l’égide de l’IRDES (Institut de recherche et documentation en économie de la santé) rappelle que « rien dans un système de T2A ne permet de présager de l’amélioration de la qualité des soins. Elle fournit de fait des incitations directes à réduire le coût des séjours. Donc réduire les soins fournis aux patients, ce qui peut représenter une manière d’économiser aux dépens de la qualité. »
Ainsi malgré ces effets avérés, le gouvernement n’a réalisé aucune évaluation de ce mode de financement
Ce qui se passe dans tous les CHRU de France se passe aussi à TOURS :
Depuis 2006 le déficit se creuse et augmente. 3,4 M en 2006, 4,8 M€ en 2007, 9,5 M€ en 2008 et 16,5M€ prévus en 2009 .
Malgré les 5M€ accordés par l’ARH en août dernier, qui sont une forme de reconnaissance du besoin de financement de notre hôpital, le gouvernement refuse toujours les moyens financiers permettant l’équilibre.
Nous voulons réaffirmer notre refus de cet état de fait et assurer l’ensemble de la communauté hospitalière de notre solidarité dans les diverses actions engagées.

Les perspectives proposées pour 2009 annoncent la dégradation du financement des activités médicales,  dégradation révélée par la faible progression des prestations facturées à l’assurance maladie (0,94% alors que l’objectif national de progression des dépenses d’assurance maladie est fixé à 3,16%). Est ce là la preuve que les activités publiques vont connaître un moindre financement que les activités privées ?
Une réduction des dépenses d’investissements pourtant jugées nécessaires il y a peu encore nous est également proposée. La capacité d’accueil va s’en trouver sensiblement diminuée.
Dans ces conditions nous ne pouvons accepter le recours à l’emprunt pour équilibrer les comptes 2009. D’une part parce que cela ne change en rien le déficit structurel accumulé (30 M€) et réduit notre capacité d’auto financement en augmentant encore le niveau de la dette.
L’État soutient, au nom du plan de relance, le financement des banques et ne trouve pas les moyens de financer la santé publique.
C’est un choix. Ce n’est pas le notre car il va à l’opposé de la satisfaction des besoins humains.
Ce sont les mêmes choix qui sont à l’origine de la crise profonde dans laquelle nous nous enfonçons.
Dans ces conditions nous ne pouvons pas voter pour les orientations qui sont proposées avec l’EPRD 2009.

Compte rendu de débat sur la Loi Bachelot

Posté par CNSP 11 - avril - 2009

Le jeudi 2 avril Razzy Hammadi c’est rendu en déplacement dans le Gard pour rencontrer des militants et pour participer à une réunion à l’invitation de la section cantonale Villeneuve lez Avignon. Voici un compte rendu de cette réunion : Merci à Joseph Ferre pour ce compte rendu ` Cette réunion Débat ou ont assisté une centaine de personnes a été précédée par une conférence de presse présidée par le Secrétaire Nationale au Service Public Razzy HAMMADI en présence de Fabrice VERDIER 1ier Fédéral,de Patrice PRAT Vice Président du Conseil Général,de Karine MARGUTTI Conseillère Régional ;de Joseph.A.FERRE Secrétaire de la Section Cantonale de Villeneuve lez Avignon ,de la Secrétaire Adjointe Anne GONZALEZ,et de 34 Militants dont 5 Secrétaires de Section et ou Secrétaires Fédéraux Elle a été Suivie par une rencontre avec les Militants au nombre de 40 Le thème l’avenir de l’Hôpital public « L’Hôpital n’est pas une entreprise » Invité : Razzy HAMMADI Secrétaire National aux Services Publics, ex Président du MJS. SYNTHESE DES INTERVENTIONS Pascal OLLIVE a mis l’accent sur les dangers de la Loi Bachelot sur « Hôpital et territoire » et sur la nécessaire coordination des soins entre la médecine de ville, l’Hôpital et le médico-social. Jean-Jacques THOUVENIN a parlé des inégalités d’accès aux soins et des conséquences du bouclier fiscal qui permet aux riches de ne pas financer l’assurance maladie CSG et Crds) Gérard SAUTEL est intervenu sur les différents modes de financement de l’Hôpital public, le prix de journée, le budget global ou la tarification à l’activité, chaque méthode ayant ses avantages et ses inconvénients. Alexandre PISSAS a indiqué que le projet de la droite consistait à remettre en cause le programme du Conseil National de la Résistance et d’aller vers la privatisation de notre système de soins. Robert CRAUSTE a proposé que l‘on crée des maisons de santé et des dispensaires afin de permettre l’accès aux soins pour tous, garantir la proximité et la permanence des soins. Razzy HAMMADI a stigmatisé la politique de la droite et son idéologie néo libérale. A une question de la salle sur la « Fraternité » il a dit son accord sur cette valeur fondatrice de la République et appelé à l’égalité et à la justice. Il a aussi évoqué une modification en profondeur des rapports capital travail et une révision de la politique fiscale portant sur la nature de l’assiette. LA REUNION/LE DEBAT Introduction de Joseph FERRE (Secrétaire de la Section de Villeneuve) rappelant l’objectif de nos rendez-vous : apporter aux citoyens notre contribution à la bonne compréhension des sujets qui nous tiennent à cœur. Pascal OLLIVE (Secrétaire Fédéral à la santé) : Je ne fais pas partie des professionnels de la santé, mais je connais bien la réforme pour l’avoir longuement étudiée. Au cœur de la pensée de Droite, il est nécessaire de bien comprendre une chose, c’est que l’hôpital est une entreprise. La réforme s’articule autour de 4 éléments : -réforme de l’hôpital -carte géographique de la santé -prévention -création d’agences régionales Ce qui est remis en cause actuellement c’est : 1 – La restructuration de la direction des hôpitaux (mise en place d’un directeur nommé nationalement et d’un Conseil de surveillance) Volonté d’association du secteur santé à la notion de bénéfice. Conséquences : ►La possibilité pour le secteur privé, après suppression des branches les moins rentables, de récupérer certaines missions et de les facturer à des tarifs très élevés. Avènement d’un système à deux vitesses. ►Déclenchement d’une course à la compétitivité entre hôpitaux (La tarification à l’acte aurait aggravé la situation des hôpitaux dont les pertes s’élèvent à 800 millions en 2008 et atteignent 1 milliard selon les prévisions de 2009, alors que les comptes étaient équilibrés sous Jospin) 2 - Les solutions évoquées pour pallier aux déserts médicaux. Il est important de revaloriser le médecin généraliste. Aujourd’hui, les étudiants choisissent la spécialisation parce que le médecin généraliste n’est plus au cœur du système, plus suffisamment reconnu à la hauteur de ses compétences. La formation doit encourager les généralistes pour enrayer cette perception. 3 – L’absence de budget pour la prévention dont l’exercice est laissé au bon vouloir des Agences Régionales de la Santé Les propositions de la Gauche pour s’en sortir : Mettre le paquet sur les hôpitaux. Revenir sur des budgets annuels aux dépens de la tarification à l’acte Renforcer le poids des Généralistes Prévoir un budget pour la prévention Retour à la démocratie sanitaire / écoute et prise en compte des besoins de la clientèle aux dépens du seul objectif de rentabilité Jean-Jacques THOUVENIN (ancien Président de la CRAM et Président de la Comission des finances Fédérales) : Ne perdons pas de vue que la Caisse d’Assurance Maladie et la Sécurité sociale sont des financeurs. Pour moi, l’hôpital est un service public mais chaque entité peut très bien fonctionner comme une entreprise. Le système français est quasi unique : 1 prescripteur 1 financeur 1 patient Ainsi, celui qui consomme ne paie pas. Il faut cependant combattre la médecine à deux ou trois vitesses, c’est le but de l’hôpital public. Ce qui signifie : s’attaquer aux difficultés d’accès aux soins de qualité supprimer la pratique privée dans l’hôpital public régler les problèmes d’inégalité des territoires limiter les flux aux urgences avancer sur la coordination des soins entre la ville et l’hôpital (Maisons de retraite…) maintenir les unités psychiatriques engager une véritable réflexion sur l’organisation de l’hôpital se pencher sur le financement global de la santé qui doit peut-être reposer sur tous les revenus et pas seulement sur les revenus du travail. Face à cette complexité, il ne suffit pas de faire n’importe quel texte. Gérard SAUTEL (directeur de l’hôpital de Bagnols) : J’ai vécu le temps où les recettes entraient par prix à la journée, jusqu’aux années 81. La mise en place du budget global de l’hôpital a été un outil très fort de régulation des dépenses. Le budget était alors appliqué à une situation donnée et comme il y a eu croissance d’activités entre 1984 et 2002, le budget global était en adéquation avec les besoins. Le problème de la tarification à l’acte, c’est la complexité de gestion de plus de 1200 tarifs. Avec l’enveloppe globale, le directeur connaissait ses ressources. Moi je n’ai rien contre la tarification à l’acte, car nous, nous arrivons à équilibrer mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Alexandre PISSAS (Chirurgien, Conseiller général et Maire de Tresques) : Depuis que je suis praticien en hôpital, je ne compte plus les pierres amenées à un édifice qui n’a qu’un but : livrer un jour toute l’organisation des soins au système privé concurrentiel. Depuis 1944, les grandes puissances de l’argent pensent qu’elles n’ont pas pris là toute la part du gâteau qui leur revenait. Pourquoi aujourd’hui vouloir donner un pouvoir énorme aux directeurs : pour pouvoir les surveiller. La seule solution valable est de s’opposer complètement à la loi Bachelot. Je vous renvoie à l’article de Denis Kessler intitulé « Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! » publié dans le magazine Challenge du 4/10/2007. Basé sur l’idée que : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. » Permettez-moi de vous en faire la lecture : « Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale,paritarisme… A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! A l’époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d’obtenir des avancées – toujours qualifiées d’«historiques» – et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises. Ce compromis, forgé à une période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc. Cette «architecture» singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d’un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l’histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l’évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s’adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires. Le problème de notre pays est qu’il sanctifie ses institutions, qu’il leur donne une vocation éternelle, qu’il les «tabouise» en quelque sorte. Si bien que lorsqu’elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d’une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s’érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s’attaquent à ces institutions d’après guerre apparaissent sacrilèges. Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n’est pas un problème qu’en psychanalyse. » On me dit souvent « La santé n’a pas de prix mais elle a un coût. » Et bien moi je réponds : « La santé a un coût mais elle n’a pas de prix » Razzy HAMMADI (Secrétaire national au Service public) : Je voudrais tout d’abord remercier la section de Villeneuve pour avoir organisé un débat de qualité avec des intervenants aussi diversifiés qu’un chirurgien, l’ancien Président de la CRAM, le Directeur de l’hôpital de Bagnols… Je vais bien sûr reprendre plusieurs choses qui ont été déjà dites. D’abord, il nous revient effectivement de faire évoluer les financements en élargissant l’assiette financière. De plus, l’approche de la mission de l’hôpital public doit prendre en compte l’évolution de la société : pyramide des âges inversée, explosion d’inégalités sociales qui font qu’on retrouve à l’hôpital non seulement des victimes de la vie mais aussi des victimes des maux de la société. On organise un système basé sur le stress et la pression et après cela on reproche à l’hôpital de ne pas pouvoir faire face à l’afflux. Ces dernières années, on a enregistré 100 000 suppressions de lits. Vous remarquerez enfin que lorsqu’on utilise le mot « gouvernance », c’est qu’il y a absence du gouvernement. Par cette loi, l’Etat pose les jalons de ce que sera la dépossession définitive du rôle de l’hôpital et de ses compétences. Cela dit il faut reconnaitre que l’analyse que l’on fait de l’hôpital ne date pas de la loi Bachelot. Par exemple, l’idée d’établir des jeunes diplômés dans certains territoires, ce n’est pas si simple car cela pose un problème vis-à-vis de la constitution. On ne peut prévoir de le faire que sous forme de convention : un contrat contre une promesse de financement. Autre problème : ce contrat ne peut être imposé qu’à ceux qui sont les plus vulnérables, les jeunes médecins qui sortent de leurs études ce qui ne peut qu’entraîner des inégalités. Il faut trouver une alternative pour que ce ne soient pas toujours les jeunes, ceux qui ont le plus de dépenses à faire pour s’installer dans leur vie privée et les moins rémunérés, qui soient sollicités. Par contre, à l’échelle d’un pays comme le nôtre, le système danois m’intéresse : l’idée d’une fonctionnarisation du médecin. La loi pose la question du service public de santé. Face aux contraintes de notre société, peut-on fonctionner avec un système public et un système privé, tels qu’ils coexistent aujourd’hui ? N’est-on pas arrivés à la limite de ce fonctionnement ? Bachelot fait pour l’hôpital public ce que Rachida Dati a fait pour les tribunaux mais plus en rondeur. Je résume nos grands axes de désaccord : 1 – Le financement. Avant : équilibre / création CMU / Droit des patient Quand on baisse la qualité des soins et qu’on augmente la dette, c’est la tutelle qui menace. 2 – La démocratie. Quelle est la place de la communauté hospitalière ? Tout le monde est mis de côté (élus, personnel…) Avant on partait du besoin et on adaptait le financement maintenant on part du budget et il va falloir adapter les besoins. La Droit française est maline : elle donne ce qui ne va pas au privé avec à terme la disparition d’un certain nombre de soins ou flambée des prix. Robert CRAUSTE (Médecin, Conseiller Régional et Responsable région a la Santé) : Le vécu du quotidien nous renvoie à tout ce que tu viens de dire. Si l’on étudie la proposition de l’ARH sur le schéma régional d’organisation sanitaire en ce qui concerne les soins de longues durée, on se rend compte que de trois implantations actuelles sur la circonscription (Bagnols, Villeneuve et Pont St Esprit), il est prévu de n’en garder qu’une à Bagnols. Au final, ce sont 140 lits de soin de longue durée qui seraient supprimés. La volonté affirmée est de transférer les patients en EHPAD. Ce qui aura obligatoirement un impact humain : ces personnes ne seront plus à portée de la technologie avancée des hôpitaux et les patients devront faire la navette régulièrement entre EHPAD et hôpital pour faire les examens et lors des malaises. En fait, cette loi fait abstraction des bases même de la santé durable : prévention, éducation, santé à l’école, santé au travail : il s’agit d’une loi de la réparation. Alors moi aussi, je dis oui à la fonctionnarisation. Il faut mettre en place des dispensaires de santé publique. Car c’est la garantie d’une santé durable. Gérard SAUTEL: La loi Bachelot est définie par Sarkozy. Ce qui a été modifié récemment l’a été à la marge seulement. C’est une loi voulue par un Président qui y met tous les codes de commerce : un patron, un directoire, un Conseil de surveillance dépouillé de tous ses pouvoirs et pour finir la mise en place d’experts comptables qui doivent surveiller les comptes. En plus, sous prétexte de répondre à l’évolution démographique des territoires, on fait des regroupements. Si bien qu’on va se retrouver avec des grosses machines ingérables. Vous avez déjà vu, vous, des cliniques privées à 2000 ou 3000 lits ? Ca n’existe pas parce qu’elles sont dans l’efficience : 500 ou 600 lits maximum. Ce que veut le gouvernement c’est que le public se concentre au point de devenir ingouvernable comme ça on aura plus qu’à abandonner le terrain au privé. Alexandre PISSAS : Oui, et cela concerne aussi le pompiers. En 2008, le gouvernement (Mme Boutin) a imaginé un référenciel commun : le 115 pour prévenir les secours. En sont germe, il comporte l’élément fondateur : on fait porter sur le 18 des missions qui incombent à l’hôpital. Savez-vous pourquoi ? et bien parce que se sont les collectivités locales qui financent les pompiers et non l’Etat. C’est un Acte III masqué de la décentralisation sauf qu’il n’y a pas de concertation des collectivités. Razzy HAMMADI : L’exemple de Boutin est un bon exemple en effet. Il ne faut pas sous estimer les néoconservateurs, ce sont les seuls qui ont écrit un programme sur 20 ans. La feuille de route est écrite. Prenez Christen, chez les Américains, il livre des programmes au jour le jour, ça existe.a l’instar des Chicago’s Boy de Friedmann avec le CHILI de Pinochet La Droite en faisant de la charité se targue de faire aussi bien que la Gauche quand elle fait de la solidarité. Et bien moi, je préfère m’inscrire dans la lignée du Parti Socialiste : à la charité des bonnes âmes, je préfère la justice des bonnes règles.

La droite tue l’hopital public

Posté par CNSP 3 - avril - 2009

Lors de ses vœux aux personnels de santé, le 9 janvier, à Strasbourg, le chef de l’Etat a répété que les problèmes de l’hôpital ne tenaient pas aux moyens mais à une mauvaise organisation. Pourtant, en période hivernale notamment, le manque de lits est flagrant et les personnels hospitaliers, en sous-effectif, ont dumal à faire face. Pour Patrick Pelloux,médecin urgentiste et président de l’Amuf (association des médecins urgentistes de France), la droite privatise et détruit la notion d’hôpital public.
Quel est l’état des hôpitaux de France aujourd’hui ?
On peut être positif et considérer que les hôpitaux cherchent à avoir un accueil social le plus abouti possible, en mettant en place des Samu sociaux par exemple.
Mais le constat général est catastrophique. Le déficit de l’hôpital public dépasse le milliard d’euros. Pourtant les divers plans mis en oeuvre depuis 2002 visaient la fin des déficits. Il s’agissait notamment des fameuses recettes du professeur ministre Mattei. Tout ça est un échec. La notion d’hôpital- entreprise a, par ailleurs, cassé considérablement le rythme de décision collégiale et de démocratie sociale dans les hôpitaux, non seulement avec la tarification à l’activité mais aussi avec la naissance de pôles hospitaliers et la nouvelle gouvernance. Et surtout une pléthore d’administratifs et de technostructures sont mises en place sans qu’on en voit l’utilité. Un département d’étude de veille sur les urgences a ainsi été créé à la direction générale de la santé, il y a deux ans. Il ne sert strictement à rien. Il ne verrait même pas une épidémie de choléra ! Martine Aubry et Bernard Kouchner avaient créé l’institut national de veille sanitaire. Il faut le faire vivre, lui donner des prérogatives, lui permettre d’avoir autorité sur les hôpitaux pour exiger de laisser des lits ouverts lorsqu’il y a une épidémie de grippe. C’est ça la modernité.
Comment expliquer le manque de places dans les hôpitaux, en partie à l’origine de la récente série de drames ?
Ce n’est pas la première fois que ça arrive malheureusement. D’abord beaucoup d’hôpitaux ont des contrats de retour à l’équilibre avec des restrictions de budget telles qu’ils doivent se passer de personnel soignant. Pour la première fois de l’histoire de l’hôpital, le plan Bachelot prévoit le licenciement de 20 000 personnes dans les établissements publics de santé. Au CHU de Nantes, du Havre ou de Nancy, des bureaux de reclassement ont été ouverts. Alors qu’on constate un manque de personnel, on lui demande de s’en aller. Cet hiver, c’est la canicule à l’envers. La pénurie qui existe pour les lits est absolument délirante.
Les personnels accumulent donc les heures supplémentaires…
Oui, et non payées. Car, n’en déplaise au Président, le plan d’application qui devait être mis en oeuvre dans le cadre de l’instauration des 35h pour payer les heures supplémentaires a tout simplement été abandonné. Après, c’est facile de mettre sur le dos des 35 heures tous les problèmes de l’hôpital. Le progrès social n’est pas l’ennemi de l’organisation et de la modernisation des hôpitaux. Il faut simplement donner les moyens au progrès social. Le pouvoir actuel peut bien avoir un discours dégoulinant de compassion en disant que les infirmières sont formidables et les médecins très beaux. Mais à côté de ça, il ne paye pas ce qu’il leur doit. La modernité serait de reconnaître le temps de travail en heures des personnels de l’hôpital et de le payer. À l’heure actuelle, l’État ne l’entend pas de cette oreille. Je connais un ambulancier qui cumule plus de 1000 heures supplémentaires non payées. Et quand il demande à être rémunéré, on lui répond qu’il n’y a pas de budget. Il a donc proposé de prendre tous ses jours en repos. On lui a rétorqué que c’était impossible étant donné le manque de personnel.
Sarkozy estime qu’il ne s’agit pas d’un manque de moyens mais d’un problème d’organisation et d’efficacité…
C’est un écran de fumée.Tout le monde peut être d’accord avec ce discours. Mais l’application ? Zéro. Rien. On a fermé 100 000 lits d’hospitalisation au cours des dix dernières années. Le budget des hôpitaux s’écroule. On a des plans de licenciement. Jamais, au contraire, on a autant réorganisé. En regroupant des structures. En fermant des maternités et des services de psychiatrie. Est-ce que ça a amélioré les choses ? Non. Au final, le système hospitalier est totalement désorganisé. Au classement européen EHCI des hôpitaux, nous arrivons en dixième position. En 2007, nous occupions la première place.
La dégradation est indéniable. Le personnel hospitalier, les médecins en première ligne, passent aujourd’hui leur temps au téléphone à trouver des places pour les malades au lieu de les soigner. C’est intolérable.On nous parle de performance économique. Mais la rentabilité appliquée à l’hôpital est contradictoire avec l’idée même de service public de la santé. On ne calcule pas nos actes, on soigne des êtres humains !
Pourtant, le Président a précisé que 23 milliards d’euros supplémentaires avaient été accordés à l’hôpital entre 1998 et 2008…
Ce n’est pas aussi simple. Le déficit s’est creusé entre 1998 et 2008 notamment à cause de l’augmentation du nombre de personnes âgées en France. Entre ces dates, il y a également eu la canicule. Et les différents plans de « modernisation » mis en place ont eu un coût. Notamment le plan hôpital 2006- 2007 qui a instauré la notion d’hôpital entreprise. De soi-disant réinvestissements pour construire de nouveaux bâtiments étaient prévus. Mais le fonctionnement en auto-financement des établissements hospitaliers les a endettés. Ainsi pour occuper ces nouveaux bâtiments, les hôpitaux et l’État devront les louer à des prix prohibitifs aux gros consortiums de bâtiment public. C’est ridicule.
Un nouveau projet de loi baptisé Hôpital Santé Patients Territoires (HSPT) sera discuté le mois prochain au Parlement. Il est censé réorganiser les établissements hospitaliers et les adapter aux exigences du XXIe siècle. Qu’en pensez-vous ?
Ce projet de loi ne servira à rien. Il est empreint du même néo-libéralisme que défendait Margaret Thatcher dans les années 1980 : en réalité,on veut privatiser le plus possible l’hôpital, donner un maximum d’avantages aux grandes multinationales de la santé. C’est enlever la démocratie en supprimant les conseils d’administration dont les maires occupaient la présidence. C’est mettre fin à toute notion de proximité. Ce plan n’est ni pour l’hôpital ni pour les patients. Il va démanteler les territoires.
Mettre en oeuvre un directoire en remplaçant les maires à la présidence des conseils d’administration par des dirigeants formés dans le privé ne va rien améliorer. Certains maires étaient des incapables, d’autres étaient bons. Comme il y a des ministres de la santé incapables et d’autres qui entreprennent de vrais changements.
L’Etat fait preuve d’une certaine perversion car il passe son temps à dire qu’il veut renforcer le service public en utilisant des termes comme « efficacité ». Le plan de communication est excellent. Mais dans les faits, il tue le service public à l’hôpital.
Quelles sont alors les mesures à mettre en oeuvre pour améliorer l’offre et la qualité de soins pour tous à l’hôpital ?
Reprendre l’idée d’une taxe Tobin sur le grand capital et les mouvements boursiers en l’appliquant aux profits réalisés par les grandes industries pharmaceutiques. C’est la sécurité sociale qui fait leur richesse. C’est elle qui donne de l’argent aux grands groupes des maisons de retraite, comme Korian. Ils s’enrichissent et envoient ensuite leurs dividendes aux actionnaires, via les fonds de pension. Ce serait un moyen d’accroître le financement de l’hôpital public. Une mesure de justice sociale en somme.
De plus, à l’origine, dans les statuts de la sécurité sociale, on ne pouvait pas faire du profit sur la maladie des êtres humains. Il y avait une modernité que l’on n’a plus. Le discours du Président n’évoque pas du tout ces questions. Quant à une meilleure organisation, personne n’en demande moins. Mais encore faut-il que les suppressions de postes ne viennent pas empêcher nos hôpitaux de prendre en charge les patients.
Propos recueillis par Fanny Costes
Par ailleurs , le groupe des parlementaires socialistes à édité un diaporama sur la réforme bachelot qui est disponible en cliquant ici

L’Hopital public passé au Karcher !

Posté par Flavien ROMDHANE 22 - février - 2009

http://www.gpspassion.com/upload/logo_hopital.jpg Plusieurs hôpitaux publics sont mis à mal et vont devoir supprimer leurs activités de chirurgie et leur service de maternité au profit des cliniques privées. Un seul hôpital par territoire : c’est la mesure phare du projet de Roselyne Bachelot !
Pilier du système de santé, l’hôpital public est, outre sa capacité d’accueil de soins, un lieu de partage des connaissances et de recherche, une structure de coordination des activités sanitaires (soins, réseaux, prévention). Il garantit l’accès de tous à la médecine moderne et assure la prise en charge des plus démunis. C’est un point fort dans le maillage sanitaire.
La proximité fait partie de la qualité ! C’est toujours mieux de se faire soigner à côté de chez soi. D’ailleurs, très souvent un hôpital qui ferme, c’est une clinique qui ouvre. Si l’on sait que l’hôpital doit travailler en lien étroit avec la médecine de ville en inventant de nouveaux modes de coopération, il semble inacceptable que de très nombreux citoyens soient dépourvus d’hôpital et soient obligés de faire des dizaine voire des centaines de kilomètres (s’ils ont la chance d’avoir une voiture) pour trouver un hôpital ou une maternité.
Elus et militants socialistes de gauche et de terrain, nous luttons contre les déserts médicaux, pour développer un système de santé fondé sur la prévention, la proximité et surtout pour garantir et améliorer l’égalité d’accès aux soins. Alors comme la plupart de nos concitoyens, nous accordons notre confiance à l’hôpital public et nous défendons tout démantèlement de la santé car le service public est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas.

Flavien ROMDHANE

Témoignage anonyme d’une infirmière

Posté par Razzy Hammadi 22 - février - 2009

Je suis assez catastrophée en ce moment, car dans aucun média, aucune presse, même dans les discours de nos chers politiques, personne ne parle de ce qui se passe du côté de l’hôpital public… Et pourtant, moi qui le vis de l’intérieur, je vous garantie qu’il y a de quoi sauter au plafond (peut-être autant que les fautes d’orthographe dans ce mail, je m’en excuse…!).
Tout ce qui va suivre est un peu compliqué, peut-être, mais nécessaire pour vous expliquer ce qui se passe sur le terrain.

Je suis infirmière dans un service de Médecine adulte (Médecine interne et thérapeutique) avec une capacité d’accueil de 21 patients, dont 95% est muté directement des urgences. Autrement dit, la plupart ne sont pas encore très stabilisés sur le plan médical et ont donc besoin d’une surveillance étroite et efficace de la part des infirmiers et aide-soignants. Les femmes de ménage (ASH) ont elles aussi un rôle important, car au détour d’un couloir ou pendant qu’elles nettoient une chambre, elles peuvent être les premiers signaux d’alarme d’un patient en détresse. Sans parler de leur travail primordial pour assurer l’hygiène des services, rôle majeur dans la lutte des infections nosocomiales.

> >  Nos équipes s’organisent ainsi : (les équipes de jour et de nuit sont indépendantes, je ne travaille que le jour matin-soir)
> >  2 infirmières + 2 aide-soignantes + 1 ASH le matin
> >  2 infirmières + 2 aide-soignantes + 1 ASH le soir
> >  1 infirmière + 1 aide-soignante la nuit

Ceci est ce qu’on appelle le service minimum, autrement dit, c’est le minimum réglementaire pour assurer la sécurité des patients. Or il faut savoir que nous n’avons jamais de personnel en plus et que la tendance actuelle est de nous faire tourner en sous-effectif de manière presque systématique les soirs et les week-end, soit un seul infirmier pour 21 patients.

Depuis 2 mois, une de mes collègues infirmières a démissionné et n’est pas remplacée, une autre est en arrêt de travail qui risque d’être prolongé cet été et n’est pas non plus remplacée. Nous ne sommes donc plus que 6 infirmiers au lieu de 8 à assurer un roulement sur 4 semaines, jours de semaine, week-end et fériés compris. Alors nous effectuons 1 puis 2 puis 3 week-end supplémentaires (nous en travaillons déjà 2 sur 4 habituellement) et ainsi de suite pour que le service tourne, avec des jours de repos qui sautent et des alternances de rythme incessantes. Si bien qu’ il devient impossible de prévoir quoi que ce soit en dehors de la vie au CHU, sous peine de devoir annuler au dernier moment pour cause : boulot!

Samedi dernier, le 14 juin 2008, une autre collègue s’est arrêtée et, étant la seule infirmière du soir, il n’y avait donc personne pour prendre la relève du matin… C’est un infirmier des urgences qui a été détaché de son service pour venir dans le nôtre, qui a assuré les soins de nos 21 patients, alors qu’il ne les connaissait pas, et qui a dû faire face en plus à une situation d’urgence vitale de l’un d’eux…

Une des ASH est arrêtée depuis 1 an en étant remplacée de manière très ponctuelle, obligeant les 3 ASH restantes du service à se partager un roulement sur 4 semaines, jours de semaine, week-end et fériés compris. Leur tâche est de nettoyer à elles seules, tous les jours, la totalité des 16 chambres du service de fond en comble (vitres, mobilier, murs, WC), les bureaux médicaux, les pièces de vie (office, douche, WC, couloirs), la salle de soins…

Il faut savoir que le CHU est en pleine réorganisation, puisqu’un gros complexe est en fin de construction à l’hôpital Nord, promettant parait-il des technologies de pointe, des locaux modernes et surtout des soins efficaces et de qualité…

Alors expliquez-moi comment être à la hauteur de ces exigences quand le personnel est déjà largement en sous-effectif? L’hôpital refuse d’embaucher, car déficit budgétaire, mais préfère faire appel à l’intérim, qui coûte plus cher que des contractuels…

Hier, j’étais normalement en ‘repos’ et j’ai passé une bonne partie de ma journée à démarcher la Médecine du Travail, les syndicats et à parler avec notre chef de service, pour essayer de trouver des solutions pour que notre direction nous entende…

Nous sommes par chance soutenus par notre chef de service, qui connaît la valeur de notre travail et sait que nous ne protestons pas pour rien. Il nous connaît suffisamment pour lui même remuer ciel et terre pour qu’on s’occupe du sort des soignants à l’hôpital. Il nous soutient par ce que lui-même est très inquiet de la situation et voit notre gouvernement asphyxier le service public hospitalier, or lui a choisi de travailler au CHU par foi en ce service public et dans le respect du serment d’ Hippocrate.

Je dors très mal et pour être honnête je pense au boulot constamment. J’ai peur que le stress me fasse oublier un soin, que la pression m’ empêche de prendre le temps avec un patient déprimé, que la fatigue me fasse faire un mauvais calcul de dose, administrer un produit au mauvais patient… J’ai peur que ce métier que j’aime me transforme en assassin, involontairement, par ce qu’on aura laissé la situation se dégrader. Parce que nous sommes tous responsables : je suis l’infirmière d’aujourd’hui mais nous sommes tous les patients de demain. VOUS pouvez être au bout de ma seringue, ou votre mari, votre enfant, votre proche.
Je vis l’insécurité dans mon travail, alors que je le maîtrise pourtant. Mais je suis humaine avant tout.

Vous serez ceux qui pâtirez du manque de soignants dans les services : je n’aurai pas pu prendre le temps de vous donner des nouvelles du patient que vous aimez, je n’aurai pas pu gérer 2 situations d’urgence à la fois… Faut-il attendre qu’il y ait des morts pour réagir et prendre conscience de ce qui se passe dans les hôpitaux ?

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